L'histoire de l'école

Seven Winds est une école de sports de glisse que j’ai fondée en 2025. C’est un projet initié deux ans plus tôt, mais qui trouve sans doute ses racines bien des années auparavant. Si vous êtes curieux d’en savoir plus, et que vous avez un peu de temps, voici mon histoire avec la mer, le vent, la planche et tout ce qui glisse sur l’eau.

Je vous préviens, je suis bavard, alors si vous voulez la version courte, allez direct en 2023 😉

Je suis né en 1977 du côté de Bordeaux. La planche à voile est apparue 9 ans plus tôt sous l’impulsion de James Drake et Hoyle Schweitzer. Pour ce sport, 77, c’est l’année d’une formidable évolution : apparition des footstraps, du harnais, 1errecord de vitesse homologué (17,1 nds !) et un Allemand qui débarque à Hawaii avec un engin qui ne flotte pas à l’arrêt et permet de surfer et sauter, le début d’une révolution !

De mon côté, j’attendrai mes 15 ans, en 92, pour découvrir la planche lors d’un stage d’été au Cercle de Voile de Bordeaux-Lac. Sans trop savoir dire pourquoi, j’accroche de suite et je récupère du vieux matos d’un ami de mon père pour commencer à naviguer dans l’océan, à l’abri de l’île d’Oléron, lors de vacances à Ronce-les Bains (17). La planche me permet de quitter ces repas de famille qui s’éternisent parfois, de profiter du moindre souffle d’air pour aller glisser sur l’eau. Évasion et liberté sont mes premières motivations.

Dès 93, ma mère se laisse convaincre et m’offre une vraie planche et un gréement moderne. C’est chez Décathlon que nous trouvons cette Bic Rumba 310 Ace-tech et un gréement Décat avec voile de 5m2 en monofilm. Mon 1er quiver ! C’est avec ce matos que je découvre les premiers planings et le waterstart, que j’apprends seul, sans tuto Youtube, du côté des parcs à huîtres de l’estuaire de la Seudre.

95, à 18 ans, je quitte la Gironde pour suivre des études d’ingénieur à l’École des Mines d’Alès. J’ai déjà repéré le temps de trajet pour rejoindre la Méditerranée et les étangs du littoral. Je rejoins le club planche de l’école et découvre le funboard sur des Tiga Wave ou Slalom 270, ainsi que les rafales de Tramontane qui m’envoient souvent au tapis. Avec mon pote Cédric, on charge la Polo dès que les branches des arbres bougent un peu trop, direction le Ponant, l’étang d’Ingril, ou la baie du Grau-du-Roi, devant le shop de Marc, Surf Loisirs. Pendant trois ans, nous organisons des journées initiation pour les élèves de l’école et nous découvrons la baie sauvage de Beauduc.

Avril 98 : 1er trip planche à Tarifa, au départ d’Alès. Nous n’avons que 8 jours donc nous roulons de nuit pour en profiter au max. Levante et Poniente sont au rdv de ces vacances de Pâques !

Eté 98, lors d’un stage en Normandie,  je m’offre ma 1re planche sans dérive, une Bic Saxo 265, d’occas’ bien sûr. J’ai déniché la belle dans un surf shop du Havre ; elle m’accompagnera pendant 5 ans.

Septembre 98, direction l’Irlande pour ma dernière année d’études dans le cadre d’un échange ERASMUS. C’est l’année de sessions épiques en mer d’Irlande, mais aussi sur la côté ouest, avec le Windsurfing Club de DCU (Dublin City University). Quand, en février 99, j’initie une charmante Alsacienne à ce sport, à Malahide Estuary, je ne me doute pas encore que nous serons encore ensemble, 25 ans plus tard… pourtant, sa motivation pour faire de la planche avec moi en plein hiver irlandais, aurait dû me mettre la puce à l’oreille. En avril de la même année, je passe mon 1er jibe, sur une Bic Vivace 270.

Eté 99 : Nouveau trip à Tarifa avec Cédric, que nous prolongeons finalement jusqu’au Maroc et Essaouira, Sidi Kaouki et Moulay. J’aime ce mélange de découverte d’un pays, et de pratique du windsurf dans de nouveaux lieux.

2000, il est temps de travailler. J’ai mon diplôme d’ingénieur en poche mais aucun de mes stages ne m’a donné envie d’exercer ce métier, en tout cas pas dans les grands groupes industriels au sein desquels j’ai effectué ces stages. Je perçois déjà que ma carrière ne sera pas ma priorité. Je cherche un équilibre entre reconnaissance sociale, assez d’argent pour vivre confortablement, du temps libre pour mes amis, ma famille, et mes loisirs. Déjà client fidèle, c’est en tant que Responsable de Rayon dans un Décathlon héraultais, à St-Jean-de-Védas, que je gagne mes premiers salaires. Profitant de la réforme des 35h, je m’implique dans ce challenge pro tout en libérant des ½ journées pour aller naviguer sur les spots du littoral, de Carro à Gruissan.

2001 : je découvre le kitesurf lors d’un stage chez Fil d’Air, à Mèze, sur l’étang de Thau.

Avril 2001, j’avais dû lire un article dans Planchemag : je pars effectuer mon service national en tant que Volontaire à l’Aide Technique (VAT) en Nouvelle-Calédonie. C’est le début de 16 mois de découverte de ce magnifique archipel du Pacifique. De l’Anse Vata à Poé, de Magenta à Ténia, je profite de ce lagon paradisiaque pour naviguer aussi souvent que possible. Merci Jean-Phi pour ces trips en voilier sur les îlots du lagon où nous emmenions mon custom MW avant de déguster des langoustes grillées.

Été 2002, j’ajoute un petit supplément au billet retour pour faire un léger détour par… Hawaii… et Maui ! 5 jours en break avec du matos loué sur place pour découvrir la Mecque du windsurf, l’île où sont prises toutes les photos des magazines à l’époque. Je n’ose pas me mettre à l’eau à Hookipa mais je navigue à Kanaha, Sprecks et Kihei. Un autre rêve qui se réalise.

2003, après un retour de quelques mois en magasin chez Décat, j’obtiens un poste qui nous conduit à Lille. Le climat ne nous permettra de tenir que 4 ans dans le Nord, mais on est à moins d’une heure de route de la mer, donc ça passe. Je profite de ces années pour me frotter aux vagues de Wissant et Wimereux, mais aussi pour voyager et découvrir de nouvelles destinations glisse, en Égypte, Croatie, Corse, Vietnam et Afrique du Sud.

2007, retour vers le Sud avec un passage dans la Drôme, qui m’incite à naviguer sur les spots du Rhône quand le Mistral et le courant obligent à caper fort pour revenir à la mise à l’eau. Changement de cap professionnel avec une reconversion dans l’éolien. À force de voir ces moulins à vent modernes sur les spots de la planète, j’ai eu envie d’en savoir plus et de contribuer à leur développement. C’est le début de 15 années riches et intenses à porter ces projets complexes, vecteurs de transition énergétique, de l’Aveyron à la Normandie, des Ardennes à la Lozère, de Marie-Galante à la Désirade.

2010, c’est lors d’un séjour à Cabarete, en République Dominicaine, que je progresse bien en kite et que je finis par m’offrir du matos. Je reste toutefois bien accro au windsurf. C’est aussi l’année de ma 1re participation au Défi Wind de Gruissan, cette compétition hors normes qui rassemble les passionnés du monde entier sur une même ligne de départ. Depuis, j’ai plaisir à y retourner chaque année ou presque, pour me tirer la bourre avec les potes, mais aussi et surtout pour l’ambiance du parking, sur l’eau, et pour y retrouver tous ces amis planchistes que je ne vois qu’une fois par an, à Gruissan City. Et puis c’est le début de 5 très chouettes années à la recherche des meilleurs spots avec le fourgon que j’ai aménagé : Ti’Punch !

2015, après 7 ans dans l’éolien et le solaire, un voyage nous donne envie de repartir vivre dans les îles. Nous venons pourtant enfin d’acheter une maison à Pérols, à côté de Montpellier, et notre 2e fille vient de naître. Pourtant, nous quittons la région et partons nous installer en Guadeloupe ou nous restons 3 ans. Les spots de planche (Les Salines), kite (Bois-Jo) et surf (Petit Havre), sont entre 5 et 15 min de la maison. Depuis la terrasse, nous devinons les contours de Marie-Galante où je me rends souvent, comme à la Désirade, pour développer des projets de repowering visant à remplacer d’anciennes éoliennes par des modèles plus puissants et moins nombreux. Ma fille ainée fait ses premiers bords au planing en duo avec moi, puis apprend virements et empannages sur sa propre planche, à Sainte-Anne. Je profite aussi de ces années pour voyager dans la Caraïbe et naviguer en planche à la Barbade, chez Brian Talma et en kite aux Grenadines, non loin de Jack Sparrow !

2018-Gwada-planing-duo

2018, back to school ! En tout cas, retour en métropole où nous retrouvons notre maison à Pérols ainsi que de nouveaux jobs, toujours dans les énergies renouvelables me concernant. Pour partager ma passion pour la mer et le vent avec ma petite famille, je déniche un dériveur, un laser 2000, Ti’Mouss, sur lequel nous vivons quelques moments sympas dans le Golfe d’Aigues-Mortes.

2022, ma chérie me propose de profiter de l’apparition de la wing pour débuter un nouveau sport ensemble. Nous commençons donc par quelques cours à Gruissan, Port-Saint Louis, au Ponant et à Leucate. Puis nous nous offrons une planche convertible wingfoil/windfoil, et une Swing 5m2 de chez F-One. Elle apprécie beaucoup de me voir tomber sur mes 1ers vols.

2023, c’est là le tournant de l’histoire. Après 15 ans dans les énergies renouvelables, je quitte ce secteur et lorsqu’un ami me demande ce que j’ai envie de faire, je réponds spontanément « Monter un club de planche ! ». Cette phrase, je l’ai souvent prononcée, ou pensée. Mais je n’y ai jamais cru. C’était pour moi une utopie, un doux rêve inaccessible. Sauf que cette fois, une petite voix en moi me glisse un truc du style « Et si tu le faisais ? »

Alors je creuse un peu et je réalise que j’ai quelques atouts, j’habite près de la mer et des étangs, j’ai du niveau en planche, quelques compétences en kite, dériveur et un peu déjà en wingfoil, et surtout, du temps. J’en parle à ma conseillère France Travail et je commence par une semaine d’immersion professionnelle au Wesh Center Crew de Julien et Caro Taboulet au Goulet à Leucate. Le but est de vérifier que je ne me berce pas d’illusions sur le métier de moniteur et de gérant de club de windsurf. Je suis accueilli par une équipe au top, je file un coup de main aux moniteurs du club, Clemens et Yaya, qui me prennent sous leur aile et me donnent très envie de me lancer vraiment. Le sourire des stagiaires pour leurs premiers planings et le fait d’être dehors, au contact de la nature et des éléments, me font beaucoup de bien.

Septembre 2023, grâce à Marie-Claire, alors directrice du Yacht Club de Mèze (YCM), et à Camille, moniteur, je rejoins ce club et me prépare aux tests d’entrée au BPJEPS en navigant quotidiennement, pendant près de 3 mois, en catamaran (Hobie 16) et planche à voile (Techno 293). Durant ces trois mois, je valide un niveau 3 en dériveur, 4 en cata et 5 en planche. Reste tout de même à passer les sélections en novembre. Nous sommes 26 candidats pour 16 places. Je donne tout et ça le fait ! Je ferai donc partie de la promo 2024 du BPJEPS Voile Multi-Supports (VMS) !

Avec Alan, Antoine, Axel, Cameron, Clara, Damien, David, Dune, Hadrien, Jean, Maxime, Milo et Tim, nous passons une super année 2024 ! Pour plusieurs d’entre eux, qui sont déjà moniteurs car titulaires d’un CQP, ou excellents sur leurs supports car compétiteurs de haut niveau, la formation est peut-être un peu moins riche. Mais de mon côté, j’ai tout à apprendre. De la conduite d’un bateau à moteur (même si j’avais le permis) à la pédagogie, de la réparation du matériel à la préparation et la conduite d’une séance d’entraînement, tout est nouveau, difficile et passionnant.

Les formateurs des écoles de voile du Cap d’Agde, de Carnon et de Mèze nous préparent aux différentes UC (unités capitalisables) que nous validons entre juillet et novembre. J’effectue aussi une saison en tant que moniteur en formation au Yacht Club de Mauguio Carnon, où je suis licencié depuis 2019. Dans ce cadre, je porte un projet d’offre mobile autour du wingfoil afin de proposer à nos stagiaires de naviguer sur d’autres spots proches, plus adaptés à leur progression, selon les conditions de vent et de mer. J’organise notamment trois journées wingfoil sur l’étang du Ponant, spot particulièrement adapté aux débutants, avec son vent side-shore par tramontane (nord-ouest) ou marin (sud-est), et son thermique estival modéré qui ramène les pratiquants vers la plage.

Diplômé en janvier 2025, je m’inspire de ce projet, qui, associé à mon idée de départ, me donne envie d’orienter la création de mon école vers ce sport enthousiasmant, qui mélange anciens planchistes et kitesurfers, mais aussi de nouveaux venus dans l’univers des sports de glisse, qui débutent directement en wing. Toujours windsurfer dans l’âme, j’ajoute la possibilité de prendre des cours débutants en planche à voile, mais aussi celle de louer du matériel plus performant, pour les initiés. Enfin, pour les périodes de pétole, l’école propose des sessions de foil tracté, au départ du port de Pérols.

Seven Winds, école itinérante de wingfoil et windsurf, a ouvert en avril 2025. La première saison a été passionnante. La suite reste à écrire, avec vous.

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